Nuages sur l'étrangeté
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L’acte de pouvoir escalade les cimes des gorges, tempo adagio. Suspension d’une sonate après la nouvelle lune en Taureau,
la flamme verticale s’érige vers les Pléiades.
Quatre Six. Le Shamman s’éveille aux heures crépusculaires,
le rythme interne au diapason des traumas,
cerveau lent mythologique collée au vent.
Il danse sous les rayons de soleil qui traversent les nuages denses, langage aérien de la lenteur embrassée.
Pétrisseur paresseux cher à Bachelard1
Le coup de foudre de l’aigle lance un regard impérieux et souverain aux couleurs natives.
Jaune comme le soleil
Rouge comme le sang et noir comme la cendre
Blanc comme le deuil
Le Shamman éveillé grimpera avec ses flèches et invoquera son acte de puissance sous le magnétisme jovien, la plume de la chouette tenue sur le coeur meurtri mais persévérant, en quête perpétuelle de magie et de beauté, ému par le sauvage et le vivant.
Il écrit avec l’encre de ses rêves la vision d’un été embrasé par les souvenirs. Il sent l’ascension vertigineuse embrasser les éclairs bagatelles des foudres divines aux senteurs de genêts sur les hauteurs alpines de l’enfance retrouvée.
Home, le repos de l’âme entre désert et tempêtes.
Between dust & mist
Layers of wood
Tides of tears
Time is the ride
Home, the destination
[...] la rêverie des nuages reçoit un caractère psychologique particulier : elle est une rêverie sans responsabilité.
L'aspect immédiat de cette rêverie, c'est d'être, comme il a été souvent dit, un jeu aisé des formes. Les nuages sont une matière d'imagination pour un pétrisseur paresseux. On les rêve comme une ouate légère qui se travaillerait elle-même. L’Air et les Songes — Essai sur l’imagination du mouvement, Gaston Bachelard, éd. Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », 1992 (ISBN 978-2-253-06100-7), partie I, chap. VIII. « Les Nuages », p. 239


